​ Bourges, cathédrale Saint-Étienne ​- ​Mention de nom sur le portail Saint-Ursin  ​  ​  ​  ​


Bourges, cathédrale Saint-Étienne ​- ​Mention de nom sur le portail Saint-Ursin

Corpus des Inscriptions de la France Médiévale, vol. 26, nº9 ​  ​


Description générale

Mention d’un nom dans la scène de la vendange de Noé. 
Pierre.  Dimensions du champ épigraphique (entre chaque réglure) : 2 x 19 x cm. État de conservation : bon. Localisation : façade occidentale, portail latéral sud dédié à saint Ursin, ébrasement sud, premier écoinçon en partant de l’intérieur, soubassement (bande horizontale qui sert de base à la scène de la vendange de Noé). Situé à 256 cm de hauteur du sol actuel.Inscription gravée en creux.
Datation : seconde moitié du XIIIe siècle [datation paléographique].

Bibliographie

Texte d’après l’original vu en place le 11 juin 2012.
Buhot de Kersers, Statistique monumentale du Cher, t. II, 1977, p. 148 [texte] ; Brugger, Christe, Bourges. La cathédrale, 2000, p. 241 [texte].

Description paléographique

Disposition horizontale sur une ligne. Mélanges de capitales et d’onciales, graphie régulière, module carré. Finesse du tracé, pleins et déliés très marqués. A à plateau débordant et traverse brisée (la première barre est très ondulée) ; le O est prolongé en bas par une patte comme pour la lettre Q. Les empattements de la lettre D sont très importants. Taille du premier A et du D : 1,6 cm de hauteur sur 1,6 cm de largeur. Pas d’abréviation. La ponctuation semble systématique entre chaque mot ; une croix est placée au début du texte.





Édition imitative

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✝: ​AGVILLO[--- ​D ​: ​DROVS ​: ​

Légende

Rouge : caractères allographes.


✝: ​AGVILLO[--- ​D ​: ​DROVS ​: ​

Légende

Bleu : mot abrégé.
Rouge : signe d'abréviation.


✝: ​AGVILLO[--- ​D ​: ​DROVS ​: ​

Légende

Bleu : enclavement.
Orange : conjonction.
Rouge : entrelacement.


:AGVILLO[---D:DROVS:

Légende

Représentation des espaces entre les lettres tels qu'ils sont dans l'inscription.
Rouge : signalement des figures qui s'interposent avec le texte.



Édition critique

Aguillo[n]  de droves.

Traduction

Aguillon de Droves.

Commentaire

Cette inscription nominative est placée sous l’épisode des vendanges de Noé et ses fils (Gn IX, 20), où les grappes sont cueillies puis versées dans une hotte. Cette inscription est en langue vernaculaire, ce qui est assez commun pour les anthroponymes à cette époque, particulièrement quand ils sont donnés seuls.

La fonction précise de ce nom est difficile à déterminer. Plusieurs hypothèses peuvent être faites, notamment celle d’une identification du sculpteur, voire d’une signature d’artiste bien qu’aucun verbe notificatif (fecit par exemple, comme dans l’inscription de l’ancienne collégiale Saint-Ursin, notice n°69) ne vienne confirmer cette proposition[1]. Le nom est précédé d’une croix, signe épigraphique courant pour marquer le début du texte, particulièrement dans les inscriptions funéraires. Il est plus rare de la trouver devant un nom seul, surtout quand il ne s’agit pas de celui d’un défunt.




[1] Sur la question des signatures d’artistes, nous renvoyons le lecteur à l’article de Pierre-Alain Mariaux, ( « Quelques hypothèses à propos de l'artiste roman » Médiévales, 44, 2003, p. 199-214, et aux recherches en cours d’Émilie Mineo, ( « L’artiste, l’écrit et le onument. Signatures épigraphiques en France au Moyen Âge central », thèse sous la direction de Cécile Treffort , Université de Poitiers, 2016).