​ Bourges, Musée du Berry ​- ​Commentaire de scène au tympan de Saint-Pierre-le-Puellier  ​  ​  ​  ​


Bourges, Musée du Berry ​- ​Commentaire de scène au tympan de Saint-Pierre-le-Puellier

Corpus des Inscriptions de la France Médiévale, vol. 26, nº97 ​  ​


Description générale

Commentaire des scènes de la vie et la mort de la Vierge. 
TympanPierre.  Dimensions du tympan : 270 x 135cm. ​État de conservation : bon mais fragmentaire (six fragments), restauré ; l’inscription est incomplète. ​ Provenance : église Saint-Pierre-le-Puellier, située autrefois au nord-ouest de la place Saint-Pierre à Bourges, détruite en 1793 (seul le tympan a été conservé). Localisation actuelle : réserves de l’atelier municipal. Nº d'inventaire : 1950.1.157. ​ Inscription gravée en creux.
Datation : XIIe siècle [par le support et l’analyse paléographique].

Bibliographie

Texte d’après l’original vu le 14 juin 2012.
Buhot de Kersers, « Deuxième supplément au catalogue du Musée lapidaire », 1888-1889, p. 94-96, n°225 [texte] ; Deshoulières, « Le tympan de Saint-Pierre-le-Puellier », 1917-1918, p. 38-46 [texte fautif, commentaire, illustration] ; Porter, Romanesque Sculpture of the Pilgrimage Roads, t. VIII, Auvergne and Dauphine. Illustrations, Boston, 1923, p. 1262 [texte] ; Mâle, L'art religieux du XIIe siècle, 1924, p. 435, fig. 251 [mention et illustration] ; Verdier, Le couronnement de la Vierge, 1980, p. 115-116 [texte fautif] ; Thérel, Le Triomphe de la VIerge-Église, 1984, p. 59, fig. 20 ; Boursier, « Histoire et iconographie du tympan de Saint-Pierre-Le-Puellier », 1995, p. 35-41 [texte, traduction et commentaire] ; Kendall, The Allegory of the Church, 1998, p. 210-211 [texte].

Description paléographique

Disposition horizontale sur une ligne à chaque fois. Mélange de capitales et d’onciales, module étroit. Alternance des formes quand il y a deux lettres identiques dans un même mot : premier M de almam oncial et second capital. Écriture régulière et élégante. De nombreux traits sont redoublés par un autre plus fin ; les extrémités des volutes sont pointées (A et G de angelusP de sepulcrum) ; présence d’empattements. Liaisons de lettres : I enclavé dans C de facit, I dans V de victriciI enclavé dans le C de genitriciI entrelacé dans H de hic, T et R conjoints dans vitrici et dans genitriciL et V conjoints dans angelusM et A entrelacés dans maris. Ponctuation en fin de vers par cinq points superposés ; après matrem cinq points verticaux et deux points horizontaux. Absence d’abréviation dans la partie conservée. La cassure après le mot facit semble avoir préexisté à la gravure, ce qui explique pourquoi le T est de plus petite taille que les autres lettres du mot (3,5 cm de hauteur sur 3 cm de largeur ; pour comparaison le E de patrem mesure 4 cm par 3,5 cm), et pourquoi il y a un espace blanc de 10,5 cm avec le mot suivant (les espaces entre les mots étant habituellement beaucoup moins importants).





Édition imitative


Sur le bandeau inférieur :
1 ​PALM[.]M ​VICTRICI ​FERT ​ANGELVS ​[---]ENITRICI ​ ​DESERATV[---] ​ ​MARIS ​ ​DEFERT ​ ​AD ​ ​G[---] ​

Sur le pourtour du tympan :
1 ​[---] ​INPONV[..] ​ ​PVLCRVM ​ ​CORP[.]S ​ ​SINE ​ ​FRAVDE ​ ​SEPVLCRVM ​ : ​FI[---] ​AD ​PATR/EM ​FACIT ​ALMAM ​SCANDER[.] ​MATREM ​

Sur le bandeau inférieur :
1 ​PALM[.]M ​VICTRICI ​FERT ​ANGELVS ​[---]ENITRICI ​DESERATV[---] ​ARIS ​ ​DEFERT ​ ​AD ​ ​G[---] ​

Sur le pourtour du tympan :
1 ​[---] ​INPONV[..] ​ ​PVLCRVM ​ ​CORP[.]S ​ ​SIN ​ ​FRAVDE ​ ​SEPVLCRVM ​ : ​FI[---] ​AD ​PATR/M ​FACIꞆ ​ALAM ​SCANDR[.] ​MATRM ​

<div xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" type="edition" xml:lang="la" rend="no-space"> <desc>Sur le bandeau inférieur&#160;:</desc> <ab> <l> <s> <lb n="1"></lb> <w lemmaRef="#l-palma"> <choice> <orig>PALM<supplied reason="lost" extent="1" unit="character">A</supplied>M</orig> <reg>palmam</reg> </choice> </w> <w lemmaRef="#l-victrix"> <choice> <orig> <seg rend="enclavement"> <hi rend="enclavant">V</hi> <hi rend="enclavé">I</hi> </seg>C<seg type="conjoint">TR</seg>ICI</orig> <reg>victrici</reg> </choice> </w> <w> <choice> <orig>FERT</orig> <reg>fert</reg> </choice> </w> <w lemmaRef="#l-angelus"> <choice> <orig>ANGE<seg rend="conjonction">L<choice> <orig>V</orig> <reg>U</reg> </choice> </seg>S</orig> <reg>angelus</reg> </choice> </w> <w lemmaRef="#l-hic"> <choice> <orig> <supplied reason="lost" extent="3" unit="character" style="debut">HIC</supplied> </orig> <reg>hic</reg> </choice> </w> <w lemmaRef="#l-genitrix"> <choice> <orig> <supplied reason="lost" extent="1" unit="character" style="fin">G</supplied>ENI<seg rend="conjonction">TR</seg>I<seg rend="enclavement"> <hi rend="enclavant">C</hi> <hi rend="enclavé">I</hi> </seg> </orig> <reg>genitrici</reg> </choice> </w> </s> </l> <l> <s xml:id="s-1"> <w lemmaRef="#l-deserere"> <choice> <orig>DESERAT<choice> <orig>V</orig> <reg>U</reg> </choice> <supplied reason="lost" unit="character" extent="1" style="debut">R</supplied> </orig> <reg>deseratur</reg> </choice> </w> <gap reason="lost" extent="unknown" unit="character" style="milieu"></gap> </s> </l> <l> <s corresp="#s-1"> <gap reason="lost" extent="unknown" unit="character" style="fin"></gap> <w lemmaRef="#l-mare"> <choice> <orig> <seg rend="entrelacement"> <g corresp="#M-oncial"></g>A</seg>RIS</orig> <reg>maris</reg> </choice> </w> <w lemmaRef="#l-deferre"> <choice> <orig>DEFERT</orig> <reg>defert</reg> </choice> </w> <w lemmaRef="#l-ad"> <choice> <orig>AD</orig> <reg>ad</reg> </choice> </w> <w> <choice> <orig>G<gap extent="unknown" reason="lost"></gap> </orig> <reg>g...</reg> </choice> </w> </s> </l> </ab> <desc>Sur le pourtour du tympan&#160;:</desc> <ab> <l> <s xml:id="s-2"> <lb n="1"></lb> <gap reason="lost" extent="unknown"></gap> <w lemmaRef="#l-imponere"> <choice> <orig>INPON<choice> <orig>V</orig> <reg>U</reg> </choice> <supplied reason="lost" unit="character" extent="2">NT</supplied> </orig> <reg>imponunt</reg> </choice> </w> <w lemmaRef="#l-pulcher"> <choice> <orig>P<choice> <orig>V</orig> <reg>U</reg> </choice>LCR<choice> <orig>V</orig> <reg>U</reg> </choice>M</orig> <reg>pulcrum</reg> </choice> </w> <w lemmaRef="#l-corpus"> <choice> <orig>CORP<supplied reason="lost" unit="character" extent="1"> <choice> <orig>V</orig> <reg>U</reg> </choice> </supplied>S</orig> <reg>corpus</reg> </choice> </w> <space extent="3" unit="character"></space> <w lemmaRef="#l-sine"> <choice> <orig>SIN<g corresp="#E-oncial"></g> </orig> <reg>sine</reg> </choice> </w> <w lemmaRef="#l-fraus"> <choice> <orig>FRA<choice> <orig>V</orig> <reg>U</reg> </choice>DE</orig> <reg>fraude</reg> </choice> </w> <w lemmaRef="#l-sepulchrum"> <choice> <orig>SEP<choice> <orig>V</orig> <reg>U</reg> </choice>LCR<choice> <orig>V</orig> <reg>U</reg> </choice>M</orig> <reg>sepulcrum</reg> </choice> </w> <orig> <pc type="2points"> :</pc> </orig> </s> </l> <l> <s corresp="#s-2"> <w lemmaRef="#l-filius"> <choice> <orig>FI<supplied reason="lost" unit="character" extent="4">LI<choice> <orig>V</orig> <reg>U</reg> </choice>S</supplied> </orig> <reg>filius</reg> </choice> </w> <w> <choice> <orig>AD</orig> <reg>ad</reg> </choice> </w> <w lemmaRef="#l-pater"> <choice> <orig>PATR<figure> <desc>aile de l'ange de la scène sculptée en dessous du texte.</desc> </figure> <g corresp="#E-oncial"></g>M</orig> <reg>patrem</reg> </choice> </w> <w lemmaRef="#l-facere"> <choice> <orig>FA<seg rend="enclavement"> <hi rend="enclavant">C</hi> <hi rend="enclavé">I</hi> </seg> <g corresp="#T-oncial"></g> </orig> <reg>faci</reg> </choice> </w> <space unit="character" extent="3"></space> <w lemmaRef="#l-alma"> <choice> <orig>AL<g corresp="#M-oncial"></g>AM</orig> <reg>almam</reg> </choice> </w> <space extent="1" unit="character"></space> <w> <choice> <orig>SCAND<g corresp="#E-oncial"></g>R<supplied reason="lost" extent="1" unit="character">E</supplied> </orig> <reg>scandere</reg> </choice> </w> <w lemmaRef="#l-mater"> <choice> <orig>MATR<g corresp="#E-oncial"></g>M</orig> <reg>matrem</reg> </choice> </w> </s> </l> </ab> </div>

Sur le bandeau inférieur :
1 ​PALM[.]M ​VICTRICI ​FERT ​ANGELVS ​[---]ENITRICI ​DESERATV[---] ​ARIS ​ ​DEFERT ​ ​AD ​ ​G[---] ​

Sur le pourtour du tympan :
1 ​[---] ​INPONV[..] ​ ​PVLCRVM ​ ​CORP[.]S ​ ​SIN ​ ​FRAVDE ​ ​SEPVLCRVM ​ : ​FI[---] ​AD ​PATR/M ​FACI ​ALAM ​SCANDR[.] ​MATRM ​

Légende

Violet : caractères allographes.



Sur le bandeau inférieur :
1 ​PALM[.]M ​VICTRICI ​FERT ​ANGELVS ​[---]ENITRICI ​DESERATV[---] ​ARIS ​ ​DEFERT ​ ​AD ​ ​G[---] ​

Sur le pourtour du tympan :
1 ​[---] ​INPONV[..] ​ ​PVLCRVM ​ ​CORP[.]S ​ ​SIN ​ ​FRAVDE ​ ​SEPVLCRVM ​ : ​FI[---] ​AD ​PATR/M ​FACIꞆ ​ALAM ​SCANDR[.] ​MATRM ​

Légende

Bleu : mot abrégé.
Violet : signe d'abréviation.



Sur le bandeau inférieur :
1 ​PALM[.]M ​VICTRICI ​FERT ​ANGELVS ​[---]ENITRICI ​DESERATV[---] ​ARIS ​ ​DEFERT ​ ​AD ​ ​G[---] ​

Sur le pourtour du tympan :
1 ​[---] ​INPONV[..] ​ ​PVLCRVM ​ ​CORP[.]S ​ ​SIN ​ ​FRAVDE ​ ​SEPVLCRVM ​ : ​FI[---] ​AD ​PATR/M ​FACIꞆ ​ALAM ​SCANDR[.] ​MATRM ​

Légende

Bleu : enclavement.
Orange : conjonction.
Violet : entrelacement.



Sur le bandeau inférieur :
1 ​PALM[.]MVICTRICIFERTANGELVS[---]ENITRICIDESERATV[---]ARISDEFERTADG[---]

Sur le pourtour du tympan :
1 ​[---]INPONV[..]PVLCRVMCORP[.]S ​ ​ ​SINFRAVDESEPVLCRVM :FI[---]ADPATRFigureMFACIꞆ ​ ​ ​ALAM ​SCANDR[.]MATRM

Légende

Représentation des espaces entre les lettres tels qu'ils sont dans l'inscription.
Violet : signalement des figures qui s'interposent avec le texte.



Édition critique

Palm[a]m ​victrici ​fert ​angelus ​[hic ​g]enitrici
Deseratu[r---]
[---] ​maris ​defert ​ad ​g[---]
[---] ​ ​inponu[nt] ​pulcrum ​corp[u]s ​sine ​fraude ​sepulcrum
 ​fi[lius] ​ad ​patrem ​facit ​almam ​scander[e] ​matrem


Traduction

[Ici] l’ange apporte la palme à la mère victorieuse.
Que soit abandonné [---]
[---]
[Ils] déposent son beau corps sans tâche dans le tombeau.
Le Fils fait monter son auguste mère vers le Père.

Commentaire

Cette représentation de la mort et des funérailles de la Vierge (transitus Mariae) est une des plus anciennes qui soit connue et montre des scènes rarement illustrées dans l’art occidental. Le poème épigraphique qui l’accompagne n’a pas non plus d’équivalent dans la production épigraphique médiévale française. En raison de l’état fragmentaire et lacunaire du tympan, les transcriptions des inscriptions réalisées avant la restauration et l’étude d’Hubert Boursier étaient souvent erronées.

Le texte complet du tympan devait être composé de cinq hexamètres léonins à rimes riches, trois gravés sur le bandeau inférieur et deux sur le pourtour. Chaque vers correspond à une des cinq scènes sculptées, représentant les derniers moments de la vie terrestre de la Vierge et de son Assomption, sur deux registres séparés au centre par l’image en relief d’une église romane (la dernière Salutation angélique, la Dormition, le Portement du cercueil, la Mise au tombeau et l’Assomption). Les différents épisodes de la mort de la Vierge suivent les récits apocryphes vulgarisés par Grégoire de Tours et repris par Jacques de Voragine[1].

Pour suivre l’ordre logique de la narration tant écrite qu’imagée, il faut procéder de bas en haut et de gauche à droite. Le texte débute donc sur le bandeau inférieur. Le premier hexamètre s’arrête après le mot genitrici, comme le souligne la ponctuation par superposition de cinq points verticaux, et forme une unité sémantique, contrairement à la proposition de Deshoulières, reprise par Verdier et Thérel, d’arrêter la phrase après angelus. Ce vers reprend l’épisode du transitus dans lequel un ange – saint Michel, le psychopompe – apparaît à la Vierge trois jours avant sa mort et lui remet la palma mortis (ou brabéion) ici nommée palma victrici. Quoique les têtes aient été mutilées, on reconnaît ces personnages dans la sculpture : la Vierge débout et l’ange, les genoux légèrement fléchis, montrant respect et déférence.

Le second vers est très lacunaire, seul le mot incomplet deseratu… est conservé sur un fragment. Il n’y a pas lieu de restituer des(ide)ratus comme le font Philippe Verdier et Marie-Louise Thérel, abréviation peu commune et non indiquée par un signe diacritique. Trois personnages apparaissent dans la scène, dont une femme ou un ange et un apôtre tenant un phylactère. Deshoulières propose d’y voir la réunion des apôtres venus pour assister la Vierge dans sa dernière nuit parmi les lampes allumées. On pourrait donc proposer comme début de vers : Deseratur corpus ab anima…

La troisième scène dans la partie inférieure du tympan montre la Vierge portée au sépulcre sur une civière placée sur les épaules des apôtres, mais est en grande partie mutilée. En plus des funérailles, la sculpture évoque un miracle post mortem rarement représenté, celui des mains desséchées. Le prêtre juif Jephonias avait tenté de renverser le cercueil de la Vierge, mais à son contact sa main se dessécha et resta adhérée. Les quelques mots encore gravés (… maris defert ad g…) ne permettent pas de savoir si le texte épigraphique se faisait l’écho direct de ce détail iconographique.

Le récit poétique se poursuit sur le pourtour gauche du tympan et le dernier mot de ce quatrième hexamètre, sepulcrum, est situé juste au-dessus de ce qu’il désigne (le tombeau). Cette scène montre en effet Marie déposée dans le tombeau par les apôtres. Le cinquième hexamètre, gravé au-dessus de la mandorle, réunit par la rime léonine les mots patrem et matrem, alors que le terme filius est placé au début du vers. Le poème se clôt sur la scène finale décrite par Jacques de Voragine où, sur l’intervention du Fils, l’âme de Marie rejoint son corps et sort glorieusement de la tombe pour entrer dans la chambre céleste escortée d’anges.

La qualité poétique de ce texte épigraphique original, dont les rimes sont non seulement riches mais portent sur les mots importants, est relayée par une recherche esthétique au niveau paléographique. La régularité du module, la finesse du tracé, le redoublement des traits, les nombreux empattements, les terminaisons perlées de certains caractères (le R de victrici ou A et G de angelus par exemple) ainsi que les jeux de lettres sont autant de manifestations du soin apporté et de l’élégance générale de cette inscription.

Avant et après les vers sur le pourtour du tympan se trouve un décor végétal ressemblant à des lettres et permettant de ne pas laisser d’espace blanc dans le bandeau. Hubert Boursier parle de « caractères orientalisants » et en identifie treize différents ; un voussoir provenant de Bourges et conservé au Musée des Beaux-Arts de Lyon porte des signes assez semblables[2]. Il ne s’agit pas de caractères arméniens comme cela a pu être proposé, mais davantage de « pseudo-coufiques »[3]. On peut éventuellement suggérer, pour quelques groupes de lettres, des mots-archétypes arabes, typiques du milieu islamique, mais ces « spéculations » ne donnent rien de concret[4]. Le même phénomène se retrouve par exemple sur les émaux de Limoges[5]. En revanche, des caractères coufiques sont bien sculptés sur le tympan de Conques au début du XIIe siècle, sur un galon qui ourle la robe d’un ange sonnant de l’olifant[6].

La datation précise du tympan et de l’inscription est délicate. La sculpture présente des influences bourguignonnes d’après Deshoulières, par les rosaces, perles et draperies, qui ne se retrouvent par dans le Berry. Par l’analyse du style de la sculpture, cet auteur propose une datation après 1175 pour cette œuvre. Pour Émile Mâle, le tympan de Bourges est antérieur à celui de Senlis commencé vers 1185. Marie-Louise Thérel parle plus généralement de la seconde moitié du XIIe siècle. Au regard de l’analyse paléographique, ces propositions peuvent paraître tardives, l’inscription a pu être gravée plus tôt au cours du XIIe siècle.




[1] Sur la tradition apocryphe qui a pu inspirer ce récit, voir Norelli E., Marie des apocryphes : enquête sur la mère de Jésus dans le christianisme antique, Genève, 2009.
[2] Jullian R., Catalogue du Musée de Lyon, III. La sculpture du moyen âge et de la Renaissance, Lyon, 1945, p. 25-28, pl. III.
[3] Voir Boursier, « Histoire et iconographie du tympan de Saint-Pierre-Le-Puellier », 1995, p. 41, notes 6 et 7.
[4] Nous avons le plaisir de remercier Ludvik Kalus pour son aide précieuse et ses commentaires sur cette question.
[5] Voir l’étude résumant la problématique : Erdmann K., « Arabische Schriftzeichen als Ornamente in der abendländischen Kunst des Mittelalters », Academie der Wissenschaften und der Littérature. Abh. der Gestes- und Sozialwissenschaftlichen Klasse, Mainz, 9, 1953 (1954), p. 467-513.
[6] CIFM, 9, n°10, Aveyron, p. 20. Voir aussi FAU J.-Cl., « À propos de l'inscription en caractères coufiques sur l'ange sonneur d'olifant au tympan de Sainte-Foy de Conques », Enfer et paradis. L'au-delà dans l'art et la littérature en Europe : actes du colloque organisé à Conques les 22 et 23 avril 1994, 1995, p. 67-70.