​ Bruère-Allichamps, abbaye de Noirlac ​- ​Inscription funéraire pour Francon  ​  ​


Bruère-Allichamps, abbaye de Noirlac ​- ​Inscription funéraire pour Francon

Corpus des Inscriptions de la France Médiévale, vol. 26, nº116 ​  ​


Description générale

Inscription funéraire pour un abbé. 
Pierre.  Inscription disparue. Localisation : au milieu de la salle du chapitre. ​
Datation : c. 1175 [par identification du personnage] ou XIVe siècle.

Bibliographie

Texte d’après la Gallia christiana.
Gallia christiana, t. II, col. 195 [texte] ; Deshoulières, « Monuments funéraires relevés en Berry par dom Claude Estiennot », 1921, p. 187 [texte avec variantes].

Description paléographique

Disposition inconnue.


Édition imitative


HIC ​IACET ​FRANCO ​III ​ABBAS ​

HIC ​IACET ​FRANCO ​III ​ABBAS ​

HIC ​IACET ​FRANCO ​III ​ABBAS ​

Légende

Violet : caractères allographes.



HIC ​IACET ​FRANCO ​III ​ABBAS ​

Légende

Bleu : mot abrégé.
Violet : signe d'abréviation.



HIC ​IACET ​FRANCO ​III ​ABBAS ​

Légende

Bleu : enclavement.
Orange : conjonction.
Violet : entrelacement.



HICIACETFRANCOIIIABBAS

Légende

Représentation des espaces entre les lettres tels qu'ils sont dans l'inscription.
Violet : signalement des figures qui s'interposent avec le texte.



Édition normalisée

Hic jacet Franco III abbas.

Traduction

Ci-gît Francon, troisième abbé.

Commentaire

Francon ou François est le troisième abbé de Noirlac, qu’il dirigea entre 1167 et 1175. Il mourut en odeur de sainteté et son tombeau fit l’objet de l’affluence populaire, selon les auteurs de la Gallia christiana. Comme dans l’inscription précédente, le texte de l’épitaphe est très bref. Après la formule funéraire hic jacet, très fréquente, viennent le nom de l’abbé et son numéro d’ordre. Deshoulières ne transmet pas cette dernière information. Il s’agit donc peut-être d’un ajout postérieur dû aux auteurs de la Gallia christiana. Cependant, la numérotation des abbés (tout comme celle des papes et des évêques) apparaît rapidement dès le VIe siècle[1], et se trouve parfois dans la documentation épigraphique des XIe-XIIIe siècles.


115-132 : Ensemble des inscriptions funéraires de l'abbaye

L’abbaye de Noirlac est une des onze abbayes de Cisterciens implantées dans le Berry. En 1136, une première communauté de douze moines de Clairvaux vient s’installer au lieu-dit « la Maison-Dieu », mais ce n’est que grâce à la donation d’Ebbes de Charenton en 1150, que la construction de l’abbaye commence. Le premier abbé est Robert de Châtillon. L’abbaye prend le nom de Noirlac en 1290.


Dix-sept inscriptions funéraires sont connues pour l’abbaye. Seize d’entre elles ont disparu et sont transmises pour la plupart grâce au manuscrit de dom Estiennot, qui a visité les monastères du Berry dans les années 1673-1674. Elles concernent soit des abbés, soit le fondateur du monastère et sa famille proche, soit des membres de l’aristocratie laïque. Un seul fragment d’inscription est conservé ; il a été retrouvé lors de fouilles récentes.


Dom Estiennot a regroupé les inscriptions suivant leur localisation : salle capitulaire, cloître, intérieur de l’église. L’habitude du CIFM est de suivre l’ordre chronologique, le lecteur trouvera donc d’abord les textes concernant les abbés suivant leur numéro d’odre dans la série, puis les inscriptions pour des laïcs suivant leur date de décès. Ces inscriptions sont difficilement datables à partir du seul texte transmis. Toutes les inscriptions sont composées de manière identique : hic jacet (ou jacet), nom et statut du défunt ; puis, à partir du n°121, formule de prière. Deux hypothèses peuvent être formulées : soit elles ont été gravées à chaque décès, au cours des XIIe et XIIIe siècles ; soit il s’agit d’une réalisation en série, faite a posteriori, peut-être au XIVe siècle.




[1] Par exemple à Agaune en 520 pour l’abbé Ambrosius (Corpus inscriptionum Medii Aevi Helvetiae, I, p. 44 n°5), à Arles en 553 pour l’abbé Florentin (Le Blant E., Inscriptions chrétiennes de la Gaule antérieures au VIIIe siècle, t. I, 1856, p. 246 n°512).