​ Tours ​- ​ Fragment d'inscription funéraire  ​  ​  ​  ​


Tours ​- ​ Fragment d'inscription funéraire

Corpus des Inscriptions de la France Médiévale, vol. Hors-série I, nº4 ​  ​


Description générale

Inscription funéraire à caractère tumulaire. 
Cette inscription semble avoir disparu. En 1888, elle était encastrée, comme celle de Botmerus, dans le mur d’une faïencerie aujourd’hui disparue, située à l’emplacement de l’angle nord-est de l’enceinte gallo-romaine de Tours ; son texte ne nous est parvenu que par le témoignage de Mgr C. Chevalier, qui la pensait provenir de l’église Saint-Libert. Lors de sa publication, elle était déjà très mutilée et, vraisemblablement, difficile à lire. On ne peut rapporter ici que la description de Mgr C. Chevalier qui, comparant cette pièce à l’épitaphe de Botmerus (également disparue), écrit : « Ces inscriptions présentent le même type de beaux caractères romains, mais les lettres sont gravées moins profondément et sans incrustation de plomb ou de mastic ». La nature du texte montre que la partie conservée était l’angle situé à l’origine en haut à gauche.
Datation : proposée par la bibliographie : IXe siècle [datation sans doute paléographique].

Bibliographie

Lecture établie à partir de la copie effectuée par Mgr C. Chevalier.
Chevalier, « Les fouilles de Saint-Martin », 1888, p. 99 [texte] ; CIFM, 25, n°109, p. 129 [notice abrégée].

Description paléographique

Les remarques paléographiques sont réduites du fait de l’absence de la pierre. Mgr C. Chevalier précise simplement que l’écriture est formée de « beaux caractères romains » ; plusieurs lettres de petit module devaient être enclavées, ce qu’on trouve parfois à Tours, sans que cet usage soit aussi systématique qu’à Poitiers par exemple. La transcription d’inscriptions aujourd’hui encore conservées effectuées par Mgr C. Chevalier montre qu’il avait adopté les habitudes suivantes : grandes capitales pour les lettres de grand module, petites capitales pour les lettres de petit module (en particulier pour les lettres enclavées) et minuscules italiques pour le développement des abréviations et les restitutions. D’autre part, si les pointillés représentent les parties manquantes, on peut supposer que le fragment comportait trois lignes, sub hoc cespite étant le début de l’épitaphe. Or, la deuxième ligne semble très réduite par rapport aux deux autres, même en tenant compte des enclavements. On ne peut guère imaginer un texte en distique élégiaque avec retrait du pentamètre, car il faudrait admettre de trop lourdes entorses à la métrique classique, notamment à la ligne 3. Une partie de la deuxième ligne devait donc être illisible, au début plutôt qu’à la fin où la cassure semble avoir été assez nette, d’où cette proposition de restitution.


Édition imitative


Proposition de transcription restituée :
1 ​SVB ​HOC ​CESP[ITE- - - ​[1]
2 ​---] ​OD ​[2][---] ​VE ​[---
3 ​ ​STVDI ​[---] ​CVNCT[--- ​

Proposition de transcription restituée :
1 ​SVB ​HOC ​CESP[ITE- - - ​[1]
2 ​---] ​OD ​[2][---] ​VE ​[---
3 ​ ​STVDI ​[---] ​CVNCT[--- ​

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Proposition de transcription restituée :
1 ​SVB ​HOC ​CESP[ITE- - - ​[1]
2 ​---] ​OD ​[2][---] ​VE ​[---
3 ​ ​STVDI ​[---] ​CVNCT[--- ​

Légende

Rouge : caractères allographes.



Proposition de transcription restituée :
1 ​SVB ​HOC ​CESP[ITE- - - ​[1]
2 ​---] ​OD ​[2][---] ​VE ​[---
3 ​ ​STVDI ​[---] ​CVNCT[--- ​

Légende

Bleu : mot abrégé.
Rouge : signe d'abréviation.



Proposition de transcription restituée :
1 ​SVB ​HOC ​CESP[ITE- - - ​[1]
2 ​---] ​OD ​[2][---] ​VE ​[---
3 ​ ​STVDI ​[---] ​CVNCT[--- ​

Légende

Bleu : enclavement.
Orange : conjonction.
Rouge : entrelacement.



Proposition de transcription restituée :
1 ​SVBHOCCESP[ITE- - -[1]
2 ​---]OD[2][---]VE[---
3 ​STVDI[---]CVNCT[---

Légende

Représentation des espaces entre les lettres tels qu'ils sont dans l'inscription.
Rouge : signalement des figures qui s'interposent avec le texte.



Édition critique

Sub hoc cesp[ite[1]---] od[2] [---] ve [---] studi [---] cunct [---].

Traduction

Sous cette butte… (ou : Sous ce tombeau…).

Commentaire

Lecture de Mgr C. Chevalier dans sa typographie originelle :

SVB HoC CaeSPite… ODo ? Ve… STVDIo CvNCTorum


Le vocabulaire utilisé dans la formule initiale sub hoc cespite montre une certaine recherche poétique, mais sans versification réelle du texte. Elle est relativement originale, même si on trouve cespite utilisé dans divers textes littéraires. Le terme de cespes, cespitis, est ainsi utilisé dans la poésie funéraire contemporaine, par exemple dans les deux épitaphes littéraires d’Ardo dans deux vers différents, Exiguus meritis, vili de cespite tectus et Qui jacet objectus vili de cespite tectus[3], dans celle d’Otdunda rédigée par Raban Maur, Cespite contecta hic condita rite jacet[4] ou encore celle de Riculf, evêque de Mayence mort en 813, Hic modo me conclaudit cespite tellus[5]. Parmi les inscriptions lapidaires, on doit signaler une formule proche, Cespite sub duro, en usage en Catalogne au début du Xe siècle (Barcelone, Gérone et Sacosta[6]). En revanche, on ne peut retenir l’hypothèse – prudente – énoncée par Mgr C. Chevalier selon laquelle les deux lettres od formeraient le début du nom Odo. On peut tout aussi bien avoir là une partie d’un mot quelconque (quod, modo…) ou d’un nom propre (Rodbertus, Theodbertus…), voire la fin d’un mot et le début d’un autre non séparé par un espace en scriptio continua.

Mgr C. Chevalier plaçait cette inscription au IXe siècle, datation que la description sommaire de la pierre ne contredit pas, sans qu’on puisse préciser davantage.




[1] La restitution de la diphtongue ae, que proposait Mgr C. Chevalier, ne s’impose pas.
[2] Ou : [---] O D [---].
[3] Dümmler, « Lateinische Gedichte des neunten bis elften Jahrhunderts » Neues Archiv des Gesellschaft für ältere deutsche Geschichtskunde, X, 1884, p. 342.
[4] MGH, Poet. lat. II, p. 238.
[5] MGH, Poet. lat. I, n° II-2, p. 431-432.
[6] Catalunya Romanica, t. I : Introducció a l'estudi de l'art romànic català ; Fons d'art romànic del museu nacional d'art de Catalunya , Barcelone, 1994, p. 134 + fig. ; XX, p. 247 ; XXIII, p. 52-53 + fig.